Handbrake : Le transcodeur open source

HandBrake est un logiciel de transcodage gratuit puisque open-source, et multiplateforme puisqu’il fonctionne aussi bien sur Mac que Windows ou Linux. Il permet de convertir des médias (audio/vidéo) afin de gagner en poids de fichiers.

HandBrake 1.2.2 | Windows HandBrake 1.2.2 | Portátil HandBrake 1.2.2 | MacOS HandBrake | Linux

Quelle différence entre transcodeur et encodeur ?

Le terme transcodeur n’est pas celui que l’on rencontre le plus et l’on parle plus généralement d’encodeur, mais quelle est la différence et à quoi cela sert-il ? Les deux termes évoquent la même chose en terme d’objectifs : transcoder ou encoder signifie tout simplement de passer d’un format de fichier à un autre, ce qui revient à dire que l’on a procédé à une conversion. Pourtant, il y a bien une différence fondamentale entre ces deux méthodes :

  •  L’encodage par définition est le fait de convertir une source analogique en un format digital. L’exemple le plus typique est lorsque vous souhaitez mettre sur DVD vos vieilles cassettes vidéo VHS ou encore lorsque vous souhaitez convertir vos cassettes audio en format numérique tel que le format mp3.
  • Le transcodage permet des conversions d’un format numérique vers un autre format numérique, comme par exemple lorsque vous souhaitez convertir une vidéo .MP4 au format Flash en un format HTTP-Live-Streaming.
  • Il est malheureusement rare de trouver le terme de transcodeur pour évoquer des logiciels de conversions audio/vidéo, mais si vous dite que le logiciel HandBrake est un logiciel d’encodage, personne ne vous en voudra.

Pourquoi utiliser un logiciel de transcodage comme HandBrake ?

Comme dit précédemment, le transcodage est le fait de changer le format de codage d’un média (vidéo ou audio le plus souvent). On ne peut parler de codage puisque le plus souvent cette transformation (conversion de fichiers) comporte des pertes. Pour ce qui est de la vidéo, les différents formats de codage utilisent plusieurs paramètres définis :

  • Le nombre de lignes et de colonnes qui forment l’image.
  • Le nombre d’informations qui seront nécessaires pour coder « un point », c’est ce que l’on appelle la profondeur d’un pixel.
  • Le rapport hauteur/largeur de l’image (comme les formats 4:3 ou 16:9).
  • Le nombre d’image par seconde.
  • La durée totale de l’enregistrement.

Vous aurez besoin de coder ou de transcoder un média dès lors que le support utilisé pour le diffuser ou l’archiver ne permet pas une prise en charge native dudit média.

Par exemple, lorsque vous achetez un film sur un DVD du commerce (au format PAL), vous aurez une résolution de 720 colonnes de 576 lignes pour une fréquence donnée de 25 images/secondes.

Le nombre d’information à gérer dans le cadre d’un codage RGB sur 3 octets équivaut donc à 720 x 576 = 414 720 points par image. Pour le codage de la couleur et de la luminance, il faut alors compter 414 720 x 3 octets, soit 1 244 160 octets par images, ce qui équivaux à 1 215 ko.

N’oublions pas les 25 images par secondes nécessaires qui donnent alors 30 375 ko/seconde (29 Mo), soit 1 780 Mo/minutes. Il faut donc compter pour un format DVD non-compressé 104 Go/heure, ce qui est assez conséquent comme vous pouvez le constater.

Pourtant, les DVD commerciaux ne peuvent contenir que 4,7 Go d’informations et nous serons alors obligé de passer par un logiciel de transcodage tel qu’HandBrake. Il faut cependant rappeler qu’il existe des codecs de transcodage, comme le format SVCD qui permet de faire tenir sur 650 Mo le contenu d’un film d’une heure, mais cela se fait au détriment de la qualité : on parle alors de codec destructif par rapport à celui du format DVD non-compressé.

Cette perte de qualité se ressent alors au niveau de la qualité de l’image et il est possible de jouer sur la quantité d’informations véhiculées en modifiant le nombre d’images/secondes de la vidéo, en changeant sa définition ou encore en jouant sur la résolution et finesse des détails en modifiant la quantité de données d’informations, d’où les pertes de données et donc de qualité.

Le transcodage se fait-il toujours au détriment de la qualité ?

Il n’y a que très peu de codecs qui ne sont pas destructifs. Cependant, il existe des codecs qui permettent de « détruire » des données plus discrètement que d’autres.

Pourtant, le transcodage a pour but de restituer la même qualité du média en sortie mais le problème réside dans le fait qu’il faut que ce même média puisse être stocké sur un support peu encombrant et pratique.

C’est le rapport de compression du média/espace pouvant le contenir qui détermine le type de transcodage qu’il faut utiliser. S’y ajoute également comme paramètre à prendre en compte les possibilités du support final du média puisque la prise en charge de certains codecs n’est pas assurée selon le type de lecteur du média (selon notamment sa génération technologique).

Pour bien choisir son codec, il ne faut pas non plus négliger le nombre de calculs à effectuer pour restituer la totalité du média car, par exemple, l’affichage d’un film en HD qui serait codé via x264 demandera beaucoup de ressources processeur et même du matériel qui ne serait pas disponible sur un PC classique, ce qui peut rapidement poser problème.

L’autre difficulté à prendre en compte est le fait que les différents formats de codage n’utilisent pas le même nombre d’images/seconde. Ainsi, pour un transcodage du format NTSC au format PAL, il ne sera pas possible de simplement réduire le nombre d’images/seconde en retirant les 5 images qui seraient de trop puisque le NTSC utilise très exactement 29,97 images/seconde, soit environ 5 images/secondes de trop par rapport aux formats PAL et SECAM qui utilisent 25 images/seconde.

On pourrait être tenté de retirer ces 5 images/seconde en trop mais hélas, cela se percevra très fortement lors de la lecture de la vidéo avec une qualité d’image saccadée ou encore par un décalage entre le son et l’image de la vidéo.

A l’inverse, transcoder une vidéo du format PAL à NTSC ne peut se faire aussi simplement qu’en dupliquant une image toutes les 5 images pour combler ces vides puisque le résultat sera là aussi désastreux en qualité.

Il vous faudra alors passer par une numérisation du média ainsi qu’un traitement numérique de celui-ci par cette méthode d’interpolation que nous citions mais d’une manière logicielle pour ne plus percevoir ces imperfections à l’image ou au son. C’est actuellement la meilleure solution pour pouvoir procéder à un transcodage des flux de formats pourtant incompatibles entre eux tout en conservant une qualité d’image satisfaisante.

Comment choisir le bon transcodage ?

Dans le cas d’une vidéo, il vous faudra toujours vous poser la question du rendu que vous souhaitez obtenir en fonction de cette vidéo. Par exemple dans le cas d’un film, il sera plus intéressant de perdre en qualité du côté de l’image lors de scènes d’actions intenses que de perdre en qualité audio tout du long de votre long métrage.

A l’inverse, s’l s’agit d’une vidéo tutoriel de bricolage, c’est bien l’image qui sera plus importante que le son sur lequel vous pourrez alors faire des concessions.

N’oublions pas également le cas des vidéos à diffuser en streaming, typiquement lorsque vous souhaitez uploader une vidéo sur Youtube ou toute autre plateforme du même genre. HandBrake est alors extrêmement utile puisque vous pourrez passer d’un upload nécessitant jusqu’à plus d’une journée à seulement une heure.

Attention cependant : une fois un transcodage effectué, il n’est plus possible de revenir en arrière et malheureusement trop de transcodage nuira à la qualité de votre vidéo. Les informations perdues lors du transcodage ne peuvent être retrouvées.

Pour gagner de nombreuses heures en upload de vos vidéos sur les réseaux sociaux ou plateformes de type Youtube, vous devrez utilisez un transcodage très destructif alors que dans le cadre d’un stockage il vaudra mieux choisir un transcodage le moins destructif possible.

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que si vous choisissez d’utiliser un transcodage le moins destructif possible, vous pourrez très bien par la suite (si vous souhaitez uploader votre vidéo pour du streaming sur internet) procéder de nouveau à un transcodage plus agressif et destructif.

Choisir le meilleur codec : décoder puis recoder votre média au mieux

Le transcodage n’est jamais que le fait de décoder puis de recoder un média vidéo ou audio. Le terme codec est justement la contraction de codeur/décodeur et désigne tout dispositif matériel ou logiciel qui permet l’encodage ou le décodage d’un flux de données numérique dans le but soit de stocker votre média soit de le diffuser.

Ainsi, certains codecs permettent de compresser les données afin de gagner en taille de fichier, mais au détriment hélas de la qualité finale du média une fois transcodé.

Le terme codec peut malheureusement être bien trompeur puisqu’il s’agit en fait d’un mot-valise qui englobe aussi bien les normes que les formats conteneur. Dans la réalité, un codec n’est qu’une implémentation matérielle ou logicielle qui met en œuvre une norme, la norme servant à décrire le procédé pour parvenir à un transcodage tout en définissant le format conteneur ou le format de compression de vos données.

Plus simplement, prenons l’exemple du MPEG-4 AVC/H.264 qui est une norme quand x264 est le codec qui sera utilisé pour mettre en œuvre cette norme qui définit la compression à appliquer. Il n’y a évidemment pas que x264 comme codec implémentant la norme MPEG-4 AVC/H.264.

Une norme décrit également toutes sortes d’informations dans le format conteneur pour embarquer par exemple des sous-titres, un timecode et plus généralement de nombreuses métadonnées.

Hélas, les formats conteneurs ne sont pas compatibles avec tous les formats de compression et, par exemple, un conteneur MPEG-2 ne pourra contenir que des flux vidéo MPEG-2 et des flux audio MPEG (layers 1, 2 ou 3) ou flux audio AAC.

Les codecs sont développés le plus souvent par des constructeurs de matériels électroniques et il n’est malheureusement pas rare de trouver des codecs propriétaires qui font l’objet de brevets (dans les pays qui acceptent cette pratique).

Heureusement, il est convenu que lorsqu’une norme ISO est publiée, aucune entreprise ne pourra déposer de brevets sur la méthode de décompression. Ainsi, les différentes normes ISO des formats MPEG ne définissent en réalité que la manière de décompresser et non la compression, chaque acteur du marché étant alors libre de faire ce que bon lui semble pour la compression. Il existe des codecs « libres » (open sources pour permettre justement aux utilisateurs de conserver un contrôle sur leurs propres médias.

Le choix du meilleur codec à utiliser se fera toujours en fonction du résultat que vous souhaitez obtenir mais aussi de la plateforme de diffusion vidéo que vous souhaitez utiliser. Prenons l’exemple d’un format très populaire actuellement : le format de fichier .MP4.

Le format conteneur est alors MP4 puisqu’il arrive dans le cas d’une seule implémentation que le nom du codec prenne le nom de la norme. Il sera possible de retrouver dans ce conteneur des codecs comme le Mpeg4, le H264 ou encore le x264. Ces codecs servent à traiter l’image quand du côté de l’audio vous pourrez retrouver des codecs célèbres comme le MP3, l’AC3 ou l’AAC.

Pour ajouter en complexité par rapport au choix à faire, les codecs sont conçus pour être compatibles avec tel ou tel constructeur (Windows, Apple…). Il n’y a hélas pas de codec universel qui fonctionnerait sur toutes les plateformes multimédia puisque ces dernières choisissent bien souvent le codec qu’ils auront développé.

Pour bien choisir le codec à utiliser pour un transcodage, vous pouvez vous y retrouver plus facilement en définissant déjà dès le départ le format conteneur que vous devrez utiliser. Voici une liste non-exhaustive des formats conteneurs les plus populaires du moment :

– Le format .MP4
Comme nous le disions précédemment, vous pourrez utiliser les codecs Mpeg4, H264 ou x264, mais également XAVC, H265 et pour les personnes souhaitant diffuser en streaming leurs vidéos sur la plateforme YouTube le codec VP9. Si vous pensez que le format .MP4 est lu absolument partout et est compatible avec tous types de matériel, ce n’est hélas pas le cas : bien souvent, les lecteurs DVD multimédia de salon possédant un port USB ne supportent pas le format .MP4, quel que soit le codec utilisé.

– Le format .MOV
Si vous souhaitez utiliser ce format sur PC, il vous faudra avant passer par l’installation de Quicktime puisque ce format est la propriété d’Apple. Le .MOV est donc compatible avec les ordinateurs Mac et plus généralement tous les supports d’Apple (Mac, Iphone, Ipad). Les codecs disponibles sont très nombreux : DV, DivX, WMV, Mpeg2, H264, x264, DVCPRO et bien d’autres.

– Le format .AVI
Format vieillissant qui fut à son apogée dans les années 2000, le format .AVI pourrait bien disparaître, sauf pour les utilisateurs souhaitant regarder des vidéos en qualité très standard (des années 2000 justement). Les codecs supportés sont alors DV, Divx 5, Xvid et étonnement H264 même si pour des vidéos en HD il est fortement déconseillé d’utiliser ce format.

– Le format .MKV
Ce format est tout simplement le digne successeur de l’AVI en étant compatible pour de la HD, Full HD et même de la 4K et 8K. Si vous souhaitez exporter vos vidéos dans un format à la qualité optimale, le .MKV est idéal puisque quasiment compatible sur tous les supports.

Nous retrouvons ainsi les codecs DivX, Xvid, H264, x264, H265, HEVC mais aussi des codecs plus anciens comme le Mpeg2 ou Mpeg4.

Ce format est réellement l’idéal pour les RIP de Blu-ray puisqu’il est capable d’insérer de nombreuses métadonnées comme une image d’illustration en pièce jointe pour afficher la jaquette du Blu-ray, la gestion des pistes de sous-titres de différents formats ou encore le support des chapitres.

Nous recommandons donc l’utilisation du format .MKV en priorité s’il s’agit d’exports personnels qui ne sont pas destinés à être diffusés en streaming.

– Le format .FLV
Il s’agit du format propriétaire d’Adobe Flash Player appelé généralement « vidéo flash ». Il ‘agit d’un format qui initialement était prévu pour la diffusion en streaming de médias vidéos. Si Youtube utilisait le format .FLV, ce n’est plus le cas de nos jours puisque la célèbre plateforme de streaming utilise désormais le format .MP4.

Vous pourrez lire des fichiers .FLV grâce à un lecteur gratuit et open-source tel que VLC Vidéo LAN. Toutefois, ces vidéos flash peuvent contenir des variantes des codecs H264 ou VP6 (ancêtre du codec VP9 développé par Google pour YouTube). Ce format tend à disparaître.

H265 : le codec de demain à recommander ?

Le H265 est le digne successeur du H264 puisqu’il permet désormais le support de l’UHD, plus connu sous le nom de 4K. Mais ce n’est pas tout : le H265 supporte également la 8K qui devrait rapidement s’ouvrir au grand public.

De plus, ce codec propose un algorithme d’encodage bien plus optimisé que le H264 en proposant une qualité d’image exemplaire en Full HD.

En comparaison, le H265 est bien plus détaillé au niveau de l’image que le H264 tout en permettant de gagner en taille. Par exemple, pour un film de 2 heures en Full HD et encodé en 6Mbs avec le codec H264, vous obtiendrez un fichier imposant d’environ 8-9 Go alors qu’avec le codec H265 réglé sur un bitrate inférieur (5Mbs par exemple) vous obtiendrez un fichier de seulement 5Go avec pourtant la même qualité d’image (voir même plus détaillée et donc plus belle).

Si le H265 arrive à de telles prouesses, cela se fait malheureusement au prix d’une configuration matérielle qui doit être robuste : faire du montage à l’aide de ce codec vous demandera énormément de ressources et il faut donc posséder une bonne configuration matérielle.

Précisons que YouTube supporte désormais ce codec qui représente l’avenir de la « Super Ultra HD », sobriquet donné avec humour à la 8K.

Si vous ne possédez pas une configuration matérielle suffisante, nous ne pouvons vous recommander ce codec encore récent mais nous vous recommandons sans sourciller d’acquérir une configuration digne de ce nom pour vos montages et exports vidéos en 4K et 8K.

Pour aller au plus simple

Quoi de plus désagréable que de ne pouvoir lire une vidéo parce qu’il manque un codec ? C’est bien souvent le cas lorsque vous utilisez le lecteur média par défaut de Windows qui est bien loin d’être optimisé pour être le plus compatible possible (Microsoft ne s’intéressant qu’à ses codecs propriétaires pour caricaturer grossièrement la situation).

Heureusement, des lecteurs comme VLC permettent de s’affranchir de l’installation de codecs supplémentaires. Sur Mac, nous vous recommandons chaudement l’excellent lecteur de fichiers .MP4 H264 et H265 : Elmedia Player.

Pour aller au meilleur

Une vidéo ne veut se lancer car il manque un codec ? Utilisez HandBrake pour transcoder votre média en un format compatible avec votre lecteur à l’aide des meilleurs codecs que nous vous citions précédemment.

Si vous hésitez entre tous ces nombreux formats et codecs, retenez simplement ceci :

– Pour les PC, MAC, consoles de jeux, tablettes et smartphones, préférez le format .MP4 avec le codec H264.
– Pour les PC, MAC, consoles de jeux et Box Internet, préférez le format .MKV et encore une fois le codec H264.

Le codec H264 peut être reconnu comme le standard actuel qui sera petit à petit remplacé par son grand frère le H265. Ce dernier étant trop gourmand en ressource, le H264 est le parfait compromis entre qualité/compatibilité/besoins matériels.

Histoire et évolutions de HandBrake

Originellement développé par Eric Petit en 2003, HandBrake était conçu pour BeOS, système d’exploitation fonctionnant sur PC et qui sert avant tout à profiter des avantages qu’offrent le hardware de nos ordinateurs modernes pour des tâches de traitement de médias digitaux. Très rapidement, HandBrake fut porté sur d’autres plateformes, dont principalement MacOS.

Eric Petit fut le principal développeur en charge du projet HandBrake jusqu’en 2006, puis celui-ci disparut sans laisser de trace et malgré plusieurs contacts infructueux de la communauté HandBrake devenue orpheline.

Heureusement, le projet fut reprit dès Septembre 2007 par Chris Long et Rodney Hester qui travaillaient alors chacun de leur côté sur la mise en œuvre de l’extraction de vidéos compressées au format H264 depuis le firmware 1.2 de l’Ipod d’Apple. Ces derniers utilisaient des méthodes de reverse engineering pour arriver à leurs fins avant de se rencontrer sur le forum officiel de la communauté HandBrake.

Leurs travaux sur l’extraction de vidéos étaient alors parfaitement complémentaires de ce qu’avait déjà produit Eric Petit et très rapidement, ils proposèrent une version instable mais fonctionnelle (et recompilable si besoin) d’HandBrake avec le support du format H264.

Cette version n’était alors pas officielle et en l’absence d’Eric Petit, il était impossible de pouvoir ajouter cette nouvelle révision qui était en fait un patch pour HandBrake et qui apportait le support du H264.

Pourtant, Long et Hester travaillèrent sans relâche afin d’apporter une stabilité exemplaire à HandBrake tout en retravaillant le design et donc toute son expérience utilisateur qui fut grandement améliorée.

Puisque le développeur originel restait introuvable et qu’il était donc impossible d’ajouter cette nouvelle révision au dépôt officiel du projet, Hester décida de créer son propre dépôt de fichiers via un site proposant HandBrake 0.7.1 mais aussi ses propres nouvelles révisions qu’il appela alors « MediaFork ».

Contre toute attente, Long et Hester furent contactés en février 2007 par Eric Petit qui refit surface afin d’encourager les deux nouveaux développeurs à continuer le développement du projet initial. Il fut alors prévu de réintégrer MediaFork comme le digne successeur direct d’HandBrake.

Le site officiel de MediaFork ainsi que son forum communautaire furent alors déplacés sur le site officiel d’HandBrake et la version qui suivit fut baptisée officiellement HandBrake. C’est après plus de 13 ans de développement (le 24 Décembre 2016) qu’HandBrake version 1.0.0 fut enfin lancé.

Les plus anciens se rappellent peut-être du projet open-source VirtualDub (qui fonctionnait à merveille pour l’édition vidéo linéaire sur le système d’exploitation Windows) qu’HandBrake supplanta en devenant un des logiciels open-source les plus populaires au monde

Petite mention légale…

Il nous faut rappeler qu’avant tout transcodage, vous devez prendre connaissance des mentions légales relatives au copyright relatif au contenu média que vous souhaitez transcoder. Si HandBrake est open-source et donc utilisable et modifiable à volonté, cela n’est pas forcément le cas du contenu vidéo en lui-même qui peut être protégé par des droits de copies (ces fameux copyrights).

Le ripping, ou comment ripper un DVD ou Bluray

Pour expliquer ce qu’est le ripping (anciennement « DVD-rip »), prenons un exemple concret : vous adorez les films et séries et achetez des tonnes de DVD et Blu-ray mais voilà, cela prend une place non négligeable dans votre médiathèque de salon, hors nous vivons à l’époque de la dématérialisation.

Vous vous dites alors « pourquoi ne pas tout simplement utiliser un logiciel tel qu’HandBrake pour extraire les films contenus sur ces supports prenant de la place ? ». Le ripping, c’est exactement cela : extraire l’intégralité ou une partie du contenu présent sur un conteneur (CD, DVD, Blu-ray, etc.).

Hélas, cela est le plus souvent illégal du fait justement des copyrights puisque en procédant de la sorte vous ne faites ni plus ni moins qu’une copie d’un film (ou musique).

Le rip apparut assez tôt à la grande époque des jeux Amiga : des utilisateurs et joueurs du monde entier souhaitaient tout simplement extraire des pistes audio afin de récupérer les musiques de leurs jeux vidéo préférés.

Plus tard, le terme désigna plus spécifiquement le fait d’extraire au format .WAV et .MP3 les pistes audio d’un CD de musique. Ce qui était alors possible pour la musique le devint très rapidement pour l’industrie cinématographique et le terme DVD-Rip fut très largement popularisé par des plateformes de partage P2P où l’on pouvait trouver des copies pirates de films.

Les DVD-Rip furent extrêmement populaires tout simplement parce qu’ils proposaient alors une qualité similaire au conteneur original quand les réseaux P2P étaient inondés de fichiers de personnes filmant depuis une salle de cinéma le grand écran (nous vous laissons deviner la pauvre qualité audio et même visuelle de ces fichiers vidéo).

Si l’on veut entrer dans les détails, un contenu rippé de son conteneur est différent d’un contenu qui aurait été simplement copié comme lorsque l’on fait un copier/coller de fichiers. Lorsqu’une copie est créée, il n’y a aucune vérification du fichier transféré comme une simple vérification de la présence d’un cryptage (chiffrement).

Il existe des solutions (telles que Linux dd) qui permettent de copier octet par octet un DVD sur un disque dur, puis de lire le fichier .ISO obtenu exactement comme si il s’agissait du DVD original. D’ailleurs, ce fichier .ISO lorsqu’il est « monté » apparait exactement sur votre ordinateur comme si il s’agissait d’un DVD qui aurait été inséré dans votre lecteur.

Les premiers logiciels qui permettaient de ripper un CD étaient désigné sous les appellations CD ripper, CD grabber ou encore CD extractor. Si ces logiciels permettaient d’extraire un « rip » du raw audio (appelé généralement CDDA) depuis un compact disc dans un fichier, il existait également des logiciels permettant d’effectuer cette étape très simplement et en une seule étape afin de graver le rip sur un autre CD. Il était même possible de ré-encoder à la volée la piste audio lors de ce processus.

Un peu plus tard, le DVD fit son apparition mais celui-ci ne possédait pas de données formatées en des fichiers utilisables pour les ordinateurs. De plus, les DVD commerciaux étaient (et sont encore) bien souvent cryptés à l’aide par exemple d’une protection Content Scramble System/ARccOS qui empêchait d’accéder aux fichiers sans utiliser un logiciel de rip.

Si cette utilisation est illégale, cela est bien dommage car à l’époque, il était possible de transcoder un film contenu sur le DVD avec destructions de données afin de pouvoir le faire contenir sur un CD. Cela était également extrêmement pratique à une époque où les disques durs n’atteignaient pas encore le To et où 3 ou 4 films de DVD remplissaient l’intégralité de votre disque dur.

Le but était donc pour bien des personnes non pas de diffuser ou de copier illégalement ces rips mais bien de gagner en place pour créer des vidéothèques personnelles consommant tout simplement moins d’espace disque. Malheureusement et même pour une utilisation personnelle, ce type d’usage est illégal car ce n’est pas le partage qui est illégal en soi mais bien le fait d’avoir procédé à une copie d’un film sous copyright.

Tous les pays ne sont pas égaux face à ces règles : certains interdisent purement et simplement le ripping quand d’autres le permettent selon des circonstances particulières. Bien évidemment, lorsqu’un conteneur commercial (CD, DVD, Bluray, etc.) aura été crypté, le fait de contourner cette protection à l’aide de logiciels comme HandBrake est illégal.

Que dit la loi européenne ?

Une directive de l’Union Européenne autorise ses états membres à mettre en place des exceptions dans le cadre juridique qui leur est propre au sujet des droits d’auteurs tant que ceux-ci ne sont pas laissés pour compte.

Il serait d’ailleurs plus juste de parler de droits d’éditeurs au vu des sommes que gagnent ces derniers par rapport aux simples auteurs, preuve d’une hypocrisie généralisée qui se veut protéger les auteurs quand au final ces lois ne font que permettre la rémunération des plus forts qui ont la main mise sur le secteur de la musique ou de l’industrie cinématographique.

C’est ainsi que, si un pays membre de l’UE décide d’inclure une exception au droit d’auteur, il lui faudra alors mettre en place un système « compensatoire » afin de rémunérer les propriétaires du copyright (remarquez que l’on ne parle plus d’auteurs).

La plupart des pays européens (à l’exception de la Norvège) ont mis en place une redevance pour la copie privée indemnisant les propriétaires des copyrights via le budget de l’état (nous sommes en quelque sorte tous payeurs, que l’on achète ou pas les produits de ces grosses compagnies).

Posons alors la question : qui sont les voleurs ? En 2009, ce sont 55 millions de dollars qui ont été attribués aux éditeurs pour « compenser » les pertes liées aux copies illégales.

Dans la quasi-totalité des pays de l’UE (à l’exception de Malte et du Royaume-Uni), une taxe est ainsi prélevée à l’achat de tout appareil ou support vierge capable de copier des œuvres protégées par le droit d’auteur.

Si vous ne souhaitez qu’utilisez votre clé USB afin de stocker vos fichiers textes personnels, cela ne fera pas de différence : vous payerez cette taxe quoi qu’il arrive lors de l’achat de votre clé USB.

Sommes-nous donc tous présumés coupable d’actes de piraterie informatique ? Cela semble être le cas mais ne soyons pas dupe : il ne s’agit ici que d’une vaste fumisterie servant avant tout à rapporter encore plus gros, non pas aux auteurs, mais aux éditeurs de ces industries qui pèsent déjà bien lourd.

Sans ré-ouvrir ce débat qui semble désormais perdu pour les peuples (et les auteurs), citons tout de même ce chiffre record de l’industrie cinématographique en 2018 : 96,8 milliard de dollars de recettes dans le monde, un nouveau record avec 40 milliards pour les seules salles de cinéma selon les chiffres de l’association des studios américains, la puissante MPAA.

Les nouveaux services de vidéo en ligne tel que Netflix ou Amazon Prime connaissent une impressionnante progression en dépassant les revenus de la télévision par câble.

Il s’agit d’une hausse globale de 9% par rapport à 2017, preuve que l’industrie cinématographique ne souffre absolument pas du piratage ou de logiciels tels qu’HandBrake.

Comment utiliser HandBrake ?

Nous ne vous expliquerons pas comment ripper ou copier illégalement des films mais simplement à utiliser HandBrake afin de réduire de manière drastique la taille (le poids) de vos fichiers vidéo.

L’installation en elle-même est tout ce qu’il y a de plus basique, il serait inutile de la détailler. La première chose que l’on remarque est qu’HandBrake est malheureusement en anglais et qu’il n’existe pas encore de traduction. Heureusement, le logiciel reste si simple qu’il n’y a besoin de maîtriser parfaitement la langue de Shakespeare. En effectuant un double clic pour ouvrir le logiciel, vous obtiendrez ceci :

interface handbrake

  1. Vous pouvez fermer cette première fenêtre à l’aide du bouton Cancel (en bas à gauche).
  2. Vous pourrez ensuite faire des glisser/déposer de votre vidéo à transcoder dans n’importe quel endroit de l’interface d’HandBrake. Une fois le glisser/déposer effectué, une petite animation vous indiquera que votre fichier est bien en train d’être traité par HandBrake.
  3. Ensuite, si vous venez de déposer le fichier « d’entrée » (celui que l’on veut transcoder) il va vous falloir indiquer où placer le fichier de sortie, et pour cela, il vous faudra cliquer sur le bouton Browse puis d’indiquer le dossier de sortie que vous souhaitez.

handbrake choix d'un fichier

Notre but pour cet exemple est de gagner une place considérable afin de pouvoir uploader bien plus rapidement cette vidéo sur YouTube. Pour cela, nous allons tout simplement cocher la case Web Optimized (optimisé pour internet), comme ceci :

handbrake web optimization

Vous pourrez remarquer à droite toute une liste de différentes options, et celles-ci sont très simples : si l’on souhaite une compression rapide pour un fichier léger, on peut utiliser les choix « Very Fast » quand pour un format plus particulier comme de la HD (ici marqué comme HQ pour High Quality) ou pour envoyer votre média via Gmail vous aurez les choix correspondants.

Dans notre exemple, nous souhaitons ce qu’il y a de meilleur en qualité tout en gagnant le maximum de place afin de pouvoir uploader notre vidéo sur Youtube. Nous sélectionnons donc « Very Fast 1080p30 » qui équivaut à dire « vidéo HD pour le Web à compresser rapidement mais surtout le mieux possible pour gagner en poids ». Validez votre sélection par l’appui du bouton « Start Encode » pour lancer tout le processus.

La chaîne YouTube Nicky Win vous propose <a href=”https://www.youtube.com/watch?v=Njp9RJ20Zpc” target=”_blank”>un tutoriel vidéo</a> très complet pour uploader ses vidéos beaucoup plus vite sur YouTube en paramétrant au mieux HandBrake. C’est un très beau tour complet du logiciel qui est proposé pour tous ceux qui veulent gagner en temps (et en qualité) pour leurs vidéos YouTube.

Il s’agit de la meilleure configuration d’HandBrake possible pour atteindre cet objectif précis. Tout n’est pas expliqué dans les détails mais on vous dit exactement quoi faire sans vous ennuyer avec la théorie.

D’un fichier de 11Go l’on passe à seulement 677 Mo, de quoi gagner de très nombreuses heures pour mettre en ligne sa vidéo sur la plateforme YouTube.

Fonctionnalités d’HandBrake

HandBrake peut grandement vous faciliter la tâche en proposant des pré-configurations optimales selon le type d’appareil que vous utilisez. Nous retrouvons donc les appareils suivants :

• Universel
• iPod
• iPhone & iPod touch
• iPad

• Apple TV
• Apple TV 2
• Apple TV 3

• Android
• Tablette Android
• Windows Phone 8

HandBrake est capable de transcoder des vidéos et des fichiers audio d’à peu près tous les formats existants en des formats modernes. Cependant, HandBrake ne peut briser ou contourner les sécurités qui auraient pu être mise en place sur votre vidéo source.

Les développeurs d’HandBrake ont décidé d’enlever la librairie libdvdcss, une librairie open-source permettant de ripper des DVD et de briser les chiffrements de DVD utilisant une protection Content Scramble System (CSS).

Il est cependant toujours possible de faire du ripping et donc de supprimer les DRM (Digital Rights Management) à l’aide d’HandBrake et de cette librairie, d’ailleurs incluse dans le lecteur de média VLC. Nous ne vous montrerons pas comment effectuer cette opération puisque cela reste malheureusement illégal.

Tout comme pour les DVD, HandBrake ne supporte pas directement le déchiffrement des disques Blu-ray. Quoi qu’il en soit, HandBrake est bien évidemment capable de transcoder une vidéo issue d’un Blu-ray si vous utilisez un logiciel tiers dont la tâche est justement de supprimer les DRM.

Vous pourrez retrouver avec HandBrake les formats d’entrées suivantes :

  • DVD-Video depuis un disque ou une image ISO image
  • Matroska (MKV)
  • Audio Video Interleave (AVI)
  • MPEG-4 Part 14 (MP4)
  • MPEG Transport Stream (TS)
  • BDAV MPEG-2 Transport Stream (M2TS)
  • Vous pourrez ensuite obtenir les sorties suivantes :

    Format conteneur

    • MPEG-4 Part 14 (MP4)
    • iTunes Video (M4V)
    • Matroska (MKV)
    • AVI (dès la version 0.9.3)

    Formats vidéo

    • H264 en utilisant x264, Nvidia NVENC et Intel Quick Sync Video
    • H265/HEVC en utilisant x265, Nvidia NVENC et Intel Quick Sync Video
    • MPEG-4 ASP en utilisant libav
    • MPEG-2 en utilisant libav
    • Theora en utilisant libtheora
    • VP8 et VP9 en utilisant libvpx

    Formats audio

    • Advanced Audio Coding (AAC) en utilisant libav
    • HE-AAC (jusqu’à la version 0.10.3)
    • AC-3
    • FLAC 16-bit et 24-bit
    • MPEG-1 ou MPEG-2 Audio Layer III (MP3)
    • Opus
    • Vorbis
    • AAC, AC-3, DTS, DTS-HD, E-AC-3, FLAC, MP3, et TrueHD

    Les utilisateurs avancés et plus expérimentés seront ravis du nombre d’options et de paramètres possibles sous HandBrake, mais il faut bien avouer qu’un débutant ne devrait utiliser que les options par défaut comme lors de notre exemple précédent.

    HandBrake fut classé numéro un des logiciels de conversion vidéo en 2013 par le site Lifehacker.com, bien loin devant les 4 autres logiciels concurrents. Le célèbre magazine PC World quant à lui dénota que, si HandBrake n’est pas nécessairement le programme le plus facile à utiliser, il offrira un très grand nombre d’options qui en font un logiciel gratuit extrêmement robuste et un classique à posséder dans sa trousse à outils de softwares.

    handbrake le meilleur transcodeur

    D’autres fonctionnalités d’HandBrake

    • Aperçu vidéo en temps réel
    • Titres et chapitres
    • Files d’attente
    • Gestion des marques de chapitre
    • Sous titres (VobSub, Closed Captions CEA-608, SSA et SRT)
    • Qualité constante (constant quality) et débit binaire moyen d’encodage (average bitrate video)
    • Support pour Variable bitrate (VBR) et Constant bitrate (CBR)
    • Filtres vidéo : désentrelacement (deinterlacing), désentrelacement variable (decomb), débruitement (denoise), détélécinement (detelecine), anti-blocs (deblock), niveaux de gris (grayscale), rognage (cropping) et mise à l’échelle (scaling).

    Si vous souhaitez réduire drastiquement le poids de vos vidéos à destination de YouTube, HandBrake est le logiciel incontournable à absolument utiliser, que vous soyez sur Mac, Windows ou Linux. Il est gratuit et le restera puisqu’il est open-source, vous pouvez donc l’utiliser sans aucune inquiétude.

    L’essayer, c’est l’adopter puisqu’il n’y a à l’heure actuelle pas de meilleur logiciel (et surtout aussi simple) qui vous permettra de faire du transcodage en conservant des qualités vidéo/audio idéales pour vos spectateurs.

    HandBrake 1.2.2 | Windows HandBrake 1.2.2 | Portátil HandBrake 1.2.2 | MacOS HandBrake | Linux